vendredi 11 octobre 2013

Accès Immigrants Francophones : le nouveau point de services d’établissement en français à Scarborough


Toronto, le 8 octobre 2013

Allocution de Mme Léonie Tchatat


Mesdames et messieurs, bonjour.

Ladies and Gentlemen – Good afternoon.

J’aimerais commencer en saluant la présence de :

  • Mme Carloyn Davis, Directrice générale de Catholic Crosscultural Services qui nous a accueillis aujourd’hui, et
  • M. Zaya Kuyena, adjoint à Mme Mitzie Hunter, deputée provinciale pour Scarborough Guildwood,
  • Mme Rabbani, Conseillère en programmes, L'unité de l'établissement et de la diversité Ministère des Affaires civiques et de l'Immigration
  • M. André Savard, directeur de la nouvelle école élémentaire catholique Saint-Michel à Scarborough,
  • Mme Adolphine Mukamanzi, Conseil scolaire de district catholique centre-sud.
  • M. Guy Lucas, Collège Boréal
  • M. Hermann Amon, Entité de planification des services en santé # 4
  • M. Mohamed Ghaleb, Bureau du Commissaire aux services en français de l’Ontario

I would like to warmly acknowledge our special guests today:

  • Ms. Carloyn Davis, Executive Director, Catholic Crosscultural Services, our hosts today
  • Mr. Zaya Kuyena, assitant to Ms. Mitzie Hunter, Member of Provincial Parliament for Scarborough Guildwood
  • Ms Rabbani, Program Advisor, unit of the establishment and diversity, Ministry of Citizenship and Immigration
  • Mr. André Savard, Director of the new Catholic elementary school Saint-Michel, in Scarborough, and
  • Ms. Adolphine Mukamanzi, Francophone Catholic Centre-South School Board.
  • Mr. Guy Lucas, Boréal College
  • Mr. Hermann Amon, Health Services Planning entity # 4
  • Mr. Mohamed Ghaleb, Office of the French-Language Services Commissioner of Ontario


Pour La Passerelle-I.D.É., c’est un plaisir et un honneur d’annoncer l’ouverture de ce point de services d’établissement pour les immigrants francophones de la région de Scarborough.

It is a pleasure and an honour for La Passerelle-I.D.É. to announce the opening of our new French-language settlement services location for Francophone immigrants in the Scarborough region.

Toronto est une destination de choix pour les immigrants francophones qui s’établissent en Ontario. À l’image de la ville dans son ensemble, le Toronto francophone compte sur 48 % de résidents nés à l’extérieur du Canada et provenant des cinq continents.

Toronto is a destination of choice for Francophone immigrants who settle in Ontario. Just like the city as a whole, Francophone Toronto is composed of almost 50 % residents born abroad who come from all 5 continents.

Or, pendant trop longtemps, les immigrants francophones qui vivent à Scarborough ont dû faire de longs déplacements pour avoir accès à des services en français. Ou bien, ils ont dû se contenter de se prévaloir des services en anglais disponibles dans leur région de résidence.

For a long time, Francophone immigrants who live in Scarborough have had to make long trips across the city in order to access services in French. Alternatively, they’ve had to use English-language services available in their region of residence.

L’an passé, le gouvernement de l’Ontario annonçait sa toute première stratégie d’immigration. Ayant inclus systématiquement la perspective francophone depuis les phases initiales de consultation, le Ministère des Affaires civiques et de l’Immigration a proposé une stratégie qui intègre l’immigration francophone tant dans des énoncés de principe généraux que sous forme d’engagements concrets et chiffrés.

Last year, the Ontario government announced its first-ever immigration strategy. Having systematically included Francophones since the very early consultation stages, the Ministry of Citizenship and Immigration proposed a strategy that integrates Francophone immigration by way of both general principles as well as specific, quantified measures.

Ainsi, le gouvernement ontarien déclarait sa volonté ferme de faire en sorte que l’immigration bénéficie à toutes les communautés de la province, y compris les francophones, ainsi que son intention de servir de mécanismes tel le Programme de candidats des provinces, entre autres, et d’atteindre un 5 % annuel d’immigrants francophones sur le total d’immigrants s’établissant dans la province.

Thus the Ontario government declared its strong will to ensure the immigration strategy is beneficial to all communities in the province, including Franco-Ontarians, as well as its intention to use mechanisms such as the Provincial Nominee Program, among other means, and to attain 5 % Francophone immigrants within its annual target levels.

2013 a vu le gouvernement de l’Ontario appuyer un nombre accru d’initiatives de service d’établissement et intégration à l’intention des immigrants francophones. Notre projet de point de services à Scarborough en est une et, de la sorte, La Passerelle-I.D.É. se réjouit de pouvoir contribuer davantage aux objectifs d’intégration et de développement économique dans la stratégie ontarienne, non seulement pour le bénéfice des immigrants francophones mais pour l’Ontario français et pour la l’Ontario tout court.

In 2013, the Ontario government supported an increased number of settlement and integration services initiatives for Francophone immigrants. Our Scarborough services location is one of them and, through it, La Passerelle-I.D.É. is glad to be able to contribute further to the integration and economic development objectives in the Ontarian strategy, for the benefit not only of Francophone immigrants but that of Francophone Ontario and the whole of Ontario as well.

J’aimerais saluer notre partenariat avec Catholic Crosscultural Services autour de cette initiative. Le pont entre les organismes francophones et anglophones assure que les immigrants francophones puissent avoir accès à une participation pleine non seulement aux diverses sphères de la vie francophone, mais aussi à celles de la vie ontarienne dans son ensemble. D’où le fait que La Passerelle-I.D.É. ait voulu aussi se joindre au Partenariat local d’immigration du Secteur est de Toronto. C’est dans l’échange d’informations et de ressources, dans la complémentarité et la coordination des services des uns et des autres que se joue la vraie intégration des immigrants que nous desservons.

I would like to underscore our partnership with Catholic Crosscultural Services around this initiative. Building bridges between Francophone and Anglophone organizations help Francophone immigrants access full participation not only in the various spheres of Francophone society, but also to all aspects of life in Ontario as a whole. That is also why La Passerelle-I.D.É. is joining the Toronto East Quadrant Local Immigration Partnership. Information and resources exchange as well as coordination of services are the way towards a better integration of the immigrants we serve.

En termes de visibilité de ces nouveaux services en français pour les immigrants francophones, j’aimerais souligner le fait que de grandes affiches seront bientôt stratégiquement placées dans 3 stations du TTC : Victoria Park, Warden et Kennedy. Ces stations sont des lieux de passage fréquent pour la population à qui nos services sont dévoués.

In terms of visibility of our new French-language services for Francophone immigrants, I would like to highlight the fact that large posters will soon be strategically placed in three subway stations: Victoria Park, Warden and Kennedy. Such stations are frequently used by the population to whom our services are dedicated.

J’aimerais remercier Catholic Crosscultural Services pour ce partenariat prometteur. C’est le début d’une collaboration que nous espérons continuera à grandir.

I would like to thank Catholic Crosscultural Services for this promising partnership. It’s the beginning of a collaboration that we hope will continue to grow.

Nous aimerions remercier surtout le Gouvernement de l’Ontario d’avoir financé ce point de services qui saura répondre aux attentes des immigrants francophones de Scarborough.

Most of all, we would like to express our gratefulness to the Government of Ontario for having funded this services location that will respond to the aspirations of Francophone immigrants in Scarborough.

Je passe maintenant la parole à mon collègue Roberto Jovel, Gestionnaire principal.

I would like to ask my colleague Roberto Jovel to come to the microphone now.



vendredi 20 septembre 2013

A propos


 
Cet espace vous offre les réflexions de Mme Léonie Tchatat, Directrice générale de La Passerelle-I.D.É., au sujet des actualités, défis et tendances de la francophonie torontoise, ontarienne et canadienne. Les immigrants francophones, ainsi que toute personne qui parie sur leur intégration et leur développement socioéconomique, y trouveront des éléments de dialogue stimulant la construction d’un avenir prospère pour nous tous : participation socioculturelle, engagement civique, développement des affaires, renforcement du leadership, insertion dans le monde du travail, optimisation des ressources humaines…
En somme : tous les aspects qui feront de notre francophonie une communauté unie dans sa diversité et forte de ses multiples atouts !

Qui est Léonie Tchatat?





Reconnue dans la communauté francophone à l'échelle 
locale, provinciale, nationale et internationale pour 
les projets qu'elle a menés et réalisés
depuis les 15 dernières années. 
Dotée d'un leadership confirmé, 
Léonie Tchatat contribue activement à 
l’essor de plusieurs organismes communautaires et 
possède une vaste connaissance
des enjeux des communautés ethnoculturelles
francophones. Sa maîtrise des dossiers et
compétences dans l’élaboration des stratégies gagnantes 
lui ont permis de recevoir 
le prix du Youth Pionneer Awards 
de l’organisme Skills For Change. 
Elle représentait la délégation canadienne 
à la Conférence Mondiale contre le Racisme à 
Durban en Afrique du sud, en Septembre 2001. 
Elle est aussi l’initiatrice de la Coalition 
des Organismes des Minorités Raciales et 
Ethnoculturelles Francophones de Toronto 
et la fondatrice de Taloua, la première 
publication féminine francophone produite à Toronto.
Elle siège dans plusieurs comités et 
conseils d’administration. 
Elle est membre du 
comité directeur Citoyenneté et Immigration Canada 
– communautés francophones en situation minoritaire 
– et du conseil d’administration de la 
chaîne publique éducative de langue française TFO. 
Fondatrice du programme de formation
de Compétences culturelles qui a été reconnu 
comme pratique exemplaire par le gouvernement 
de l'Ontario en mars 2010. 
Elle a publié le premier rapport de consultations et de recherches sur les préoccupations et besoins des jeunes MREF.
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lundi 29 avril 2013

Le savoir-être : un atout qui fera une grande différence dans votre carrière professionnelle au Canada !



Le savoir-être, plus communément appelé « soft skills », est une notion indispensable à votre développement professionnel. L’obtention d’un diplôme ou d’un certificat donne généralement des aptitudes permettant de confirmer votre savoir-faire, mais qu’en est-il de votre savoir-être ?

En tant qu’immigrants francophones, vous avez tous une part d’ailleurs. Là où les manières d’être dans l’espace professionnel sont diverses et variées. Souvent perçue comme un atout, cette différence doit tout de même savoir s’adapter au contexte professionnel local. En intégrant une entreprise ou un organisme canadien vous devez faire preuve de capacité  d’adaptation   à   des   situations   variées  et  ajuster  vos comportements   en   fonction  des caractéristiques de l'environnement, des enjeux de la situation et de vos interlocuteurs.

Dans le cadre de mes Permanences sociales, je rencontre chaque semaine des gens à la recherche de stabilité et souhaitant contribuer efficacement à notre sphère économique et culturelle. Un parcours qui commence, pour beaucoup, par le « Programme Vacances Travail - PVT». Ce programme offre un accès peu cher, rapide et une première approche de la vie canadienne. Les questions que vous devriez vous poser sont : quel est votre but lorsque vous voulez vivre cette expérience ? Quels sont les obstacles, les erreurs et les enjeux ?

Trop souvent, je vois des jeunes immigrants francophones brillants, hautement qualifiés et ambitieux repartir sans réalisations concrètes. Malheureusement, ils ne prennent pas toujours les bonnes décisions durant leur séjour au Canada. Il est vrai que quitter son pays pour l’étranger est un acte courageux qui demande à considérer tous les aspects de la vie quotidienne : logement, emploi, éducation, etc. Les deux épreuves majeures rencontrées à l’arrivée sont l’installation et la stabilité de sa situation. Et ce, notamment via la recherche d’emploi qui n’est vraiment pas facile.  Il faut se remettre sans cesse en question, ne pas avoir un égo surdimensionné ou encore se surestimer face au marché, puisque les diplômes et formations obtenus à l’étranger n’ont pas la mêmes valeur et parfois aucune signification pour les employeurs canadiens. Il est donc essentiel de vous constituer un réseau professionnel à travers des activités telles que le « networking ».

Cela vous aidera à obtenir un emploi stable et reconnu par vos pairs. À travers les différents services que nous offrons à La Passerelle-I.D.É., vous avez de multiples opportunités de développer votre carnet d’adresses et de contacts : le Club Classe Affaires et nos Déjeuners-Conférences, entre autres, sont des vitrines exceptionnelles qui vous permettent d’entrer aisément dans le monde des affaires torontois et au-delà. Ces rendez-vous mensuels d’affaires bilingues ouvrent la porte à une nouvelle génération de meneurs et de leaders au sein de la communauté franco-ontarienne.

Le networking est l’une des clés de la réussite qui hisse tous ces hommes et femmes d’affaires au sommet de leur carrière. Alors, faites le bon choix en intégrant cette notion de savoir-être tout au long de votre parcours de vie. En quoi cela consiste, ce savoir-être dans le cadre de la société et du milieu de travail canadiens ? Si vous n’avez pas encore suivi notre formation en Compétences Culturelles, il est temps de vous y inscrire !

De ce fait, en vivant au Canada et tout en gardant votre culture, vous avez fait le choix de vous adapter à une nouvelle culture de la diversité, à une nouvelle manière de faire dans la diversité, mais par-dessus tout, vous avez choisi d’adopter de nouvelles façons d’être avec autrui !

J’aimerais pousser mon analyse un peu plus loin en ayant une discussion avec vous, chers lecteurs : à quel moment de votre vie avez-vous fait le choix de venir vivre au Canada ? Comment vous êtes-vous adapté à votre nouvelle réalité ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Où en êtes-vous aujourd’hui ?

 

 

 

mardi 9 avril 2013

Léonie Tchatat: figure d'intégration réussie au Canada


Cliquez sur le lien: http://vimeo.com/60271499

 
 
L'Institut Historica-Dominion est un organisme national charitable lancé en septembre 2009 suite à la fusion de deux organisations: La Fondation Historica du Canada et L'Institut du Dominion.

Passages vers le Canada a sélectionné différentes personnalités issues des collectivités immigrantes, des communautés francophones, etc. en vue de réaliser des vidéos sur des figures d’intégration réussie au Canada.

 

Mme Léonie Tchatat, Fondatrice et Directrice générale de La Passerelle-IDÉ a été invitée à partager son émouvant témoignage.

Nous espérons que son témoignage pourra encourager d’autres immigrants.

Cliquez sur le lien: http://vimeo.com/60271499
 

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jeudi 21 mars 2013

21 mars : Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

 
 
Le 21 mars 1960, à Sharpeville en Afrique du Sud, la police a ouvert le feu sur les manifestants noirs qui protestaient contre des lois discriminatoires du régime de l’apartheid. Soixante-neuf personnes ont été tuées. L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé, en 1966, le 21 mars de chaque année comme Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.

La lutte contre le racisme et les discriminations est constamment présente dans le travail de La Passerelle - Intégration et Développement Économique. Nous l’intégrons dans nos démarches de sensibilisation publique, de communications médiatiques, de construction de partenariats, de développement des compétences chez les jeunes francophones, de renforcement des capacités pour l’employabilité et pour l’entreprenariat, d’outillage pour la participation civique, sociale et culturelle.

En début de mars, La Passerelle-I.D.É. présentait « Rire contre le racisme », un spectacle éducatif, comédie et danse, abordant les stéréotypes et les préjugés, les réactions négatives face aux couples mixtes, l’Islamophobie et l’épisode historique et tragique de Marie-Josèphe Angélique, qui fait état de l’histoire de l’esclavage au Canada. Avec l’appui financier de Multiculturalisme Canada et en partenariat avec le Théâtre français de Toronto et avec le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud, une vingtaine de jeunes francophones ont travaillé ardument pendant des mois pour offrir un spectacle de qualité mettant en lumière leurs talents et leur contribution à un avenir juste pour tous.

En cette Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, nous soulignons l’énorme chemin qu’il reste à parcourir pour contrer les défis systémiques qui transpercent le marché du travail en Ontario. Une étude du Centre canadien de politiques alternatives, basée sur les données du recensement, montrait que « les femmes appartenant à des groupes racialisés gagnaient 53,4 cents pour chaque dollar gagné par les hommes non racialisés, et 83,7 cents pour chaque dollar gagné par les femmes non racialisées », et que les familles racialisées avaient 3 fois plus de probabilités de vivre dans la pauvreté que les familles non racialisées.

Pour nous, il s’agit de défis de société, et non pas d’une cause qui mobiliserait les seules communautés affectées. Et c’est un travail en profondeur, coordonné et sur plusieurs plans qui est requis. Nous continuons de développer les partenariats qui aideront à tourner le courant de la discrimination raciale, qu’elle soit interpersonnelle, systémique ou institutionnelle.

C’est ainsi que nous venons d’annoncer un nouveau projet, financé par Condition féminine Canada, qui permettra à une cinquantaine de jeunes femmes francophones de toute origine et appartenance ethno-raciale d’entreprendre des activités, étalées sur 2 ans, pour identifier de manière d’améliorer l’accès des jeunes femmes francophones de tout horizon à l’exercice du pouvoir. La Passerelle-I.D.É. est fière de travailler avec des partenaires de choix dans le milieu de l’éducation et dans celui de la politique municipale pour permettre à ces jeunes femmes francophones de commencer à laisser leur empreinte dans l’éradication du racisme et des discriminations.

lundi 11 février 2013

L'histoire des Noirs en marche: Les jeunes francophones à l'honneur !



La Passerelle-I.D.É. est fière de célébrer le Mois de l’histoire des Noirs encore cette année, soulignant l’importante contribution faite par les Noirs de l’Ontario, du Canada et de partout à travers le monde. Qu’il s’agisse des Steve Biko, Winnie Mandela, Franz Fanon, Thomas Sankara, Viola Desmond ou Lincoln Alexander, leurs contributions ont été essentielles pour redessiner le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.

L’histoire des peuples de descendance africaine n’a pas commencée avec l’esclavage, comme on pourrait être porté à le croire, mais bien des milliers d’années avant le premier contact avec les Européens sur le continent africain.

Le Mois de l’histoire des Noirs a ses origines aux États-Unis, en 1926, alors que le Dr Carter G. Woodson lançait une initiative sous le nom Negro History Week. Puis, en 1976, il y a eu un changement de nom pour le Black History Month.

Au Canada, c’est la Canadian Negro Women's Association qui, dans les années 50, a introduit cette célébration et c’est en 1979 que l’Ontario Black History Society a persuadé la Ville de Toronto de reconnaître officiellement le Mois de l’histoire des Noirs. Finalement, en 1995, grâce notamment au travail de la Mme Jean Augustine, première députée fédérale afro-canadienne, le gouvernement du Canada a aussi reconnu le mois de février comme Mois de l’histoire des Noirs.

L’objectif premier d’une telle reconnaissance est de mettre en lumière l’héritage qu’est cette culture de résistance et de créativité développée face aux formes d’oppression et de discrimination vécues par les différentes communautés noires. Il faut donc s’assurer que cette commémoration ne reste qu’un symbole vide par la célébration seule d’une liste de dates et de noms.

Voilà pourquoi il est important de ne pas oublier les individus noirs qui font l’histoire par des gestes de tous les jours : la contribution des jeunes noirs, ceux et celles qui, malgré les obstacles auxquels ils et elles font face au quotidien, restent déterminés sur leurs objectifs et qui deviendront les chefs de file de demain. Il faut les supporter et les encourager à repousser les limites et à créer de nouvelles possibilités pour tous.

L’histoire des Noirs au Canada a plus de trois-cents ans. De Mathieu Da Costa à Lincoln Alexander en passant par Marie Joseph Angélique, les Afro-Canadiens ont longuement contribué au devenir du Canada. Que ce soit en tant que fermiers ou gens d’affaires, prédicateurs ou porteurs dans les trains, ouvriers dans les usines ou politiciens, gardes de sécurité ou enseignants, les Noirs on énormément contribué à la société canadienne ainsi qu’à son économie et au développement de son tissu social.

De nos jours, malgré les nombreuses contributions par les différentes communautés noires de l’Ontario et du Canada, ces mêmes communautés continuent de vivre de nombreuses inégalités et discriminations. Les travaux de la Commission ontarienne des droits de la personne, tout comme des publications aussi essentielles telles que « Examen des causes de la violence chez les jeunes », de Roy McMurtry et Alvin Curling, font état des discriminations raciales systémiques ayant un impact important sur nos jeunes et familles des différentes communautés racialisées.

Personne ne devrait rester indifférent pendant que d’autres se battent pour des droits aussi simples que le droit au travail, à un logement décent ou pour démanteler le racisme systémique. Le Mois de l’histoire des Noirs est aussi un rappel qu’il reste beaucoup à faire et que la lutte contre le sexisme, le racisme, l’homophobie et toutes autres formes de discriminations nous concerne tous et doit se faire en collaboration, les uns avec les autres. Il est important que chacun d’entre nous, peu importe son appartenance ou son origine, s’inspire d’histoires comme l’histoire des Noirs pour agir de façon à contribuer aux changements nécessaires et pour souligner la contribution des différents peuples qui ont contribué à faire du Canada ce qu’il est.

La Passerelle-I.D.É. continuera donc de travailler avec toutes les communautés pour une société où nous avons tous et toutes les mêmes opportunités. Une des formes que prend cette visée est « Rire contre le racisme », un événement où les jeunes seront à l’honneur. Samedi, le 2 mars prochain, la communauté est invitée à une merveilleux spectacle-comédie avec des saynètes, danses et chants où la créativité des jeunes se déploiera pour amuser et sensibiliser le public.   

Réservez vos places, l’espace est limité !

La Passerelle-I.D.É. remercie Multiculturalisme Canada pour son soutien, ainsi que ses partenaires dans cette initiative : le Théâtre français de Toronto, le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud et les jeunes francophones de Regent Park.

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 21 novembre 2012

Une démarche historique : les Franco-Ontariens et la nouvelle stratégie provinciale en matière d’immigration


Le Gouvernement de l’Ontario vient de lancer la première stratégie provinciale en matière d’immigration. Les Franco-Ontariens y trouveront des raisons de se réjouir, dont une cible de recrutement claire, historique, de 5% de francophones sur le nombre total d’immigrants visés annuellement à  l’échelle de la province.

Au printemps 2012, l’honorable Charles Sousa, alors ministre des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario, convoquait plusieurs experts des milieux des finances, des affaires, universitaires et du milieu de l’intégration des immigrants à siéger autour d’une Table ronde qui devait conseiller le ministre autour de l’élaboration de cette nouvelle stratégie. J’ai eu l’honneur d’y être conviée. J’étais la seule franco-ontarienne dans le groupe.

La Table ronde a travaillé de très près avec le ministre et son personnel. Tout le monde a été très réceptif et a manifesté son soutien à mes recommandations pour une inclusion adéquate de l’Ontario français dans cette démarche. Fait fort inspirant, les membres de la Table ronde se sensibilisaient les uns les autres autour des domaines d’expertise de chacun.

Les ébauches d’analyses et de recommandations ont commencé à se succéder les unes les autres, et les intérêts et aspirations des Franco-Ontariens y figuraient explicitement à chaque nouvelle mouture. N’empêche, j’ai recommandé qu’une consultation ciblée de la communauté franco-ontarienne fasse partie de la démarche, et la Table ronde tout comme le ministère ont mis les mains à la pâte de bon gré.

Les leaders de notre communauté franco-ontarienne ont ainsi reçu une invitation personnalisée à influer le processus. D’aucuns ont répondu « présent ! » à l’appel; d’autres ont préféré de déléguer leur personnel de première ligne à une discussion qui devait porter sur des stratégies et des politiques. La consultation a été menée de main de maître par Mme Julia Deans, présidente de la Table ronde d’experts, qui s’est avérée une alliée précieuse de notre communauté francophone et de nos aspirations.

Aujourd’hui, les Franco-Ontariens peuvent se réjouir d’entendre l’engagement du gouvernement ontarien à faire en sorte que la mise en œuvre de sa stratégie d’immigration soit bénéfique pour toutes les communautés ontariennes, dont la communauté francophone. À cet effet, le gouvernement entend se servir de ses divers outils, dont le Programme de désignation des candidats de la province.

Je tiens à souligner également le fait que le gouvernement ontarien a su intégrer dans ses engagements en matière d’immigration les importantes recommandations formulées par Me François Boileau, Commissaire aux Services en français de l’Ontario, dans son plus récent rapport annuel, titré « Droits devant ».

Cette nouvelle stratégie ontarienne en matière d’immigration est un outil de positionnement de la province sur le plan canadien. L’Ontario veut tirer son épingle du jeu pour se bâtir un heureux avenir grâce à une immigration bien intégrée et contribuant à placer notre société sur la carte des échanges mondiaux. L’Ontario français en veut autant.